Article La République des Pyrénées

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Lumière du Brésil

MiuQueiroz_PhotoGaveDePau

Elle s’était fait une raison. D’abord, les études et un métier, ensuite, la musique, qu’elle n’osait vivre en pleine lumière. « Ce sera une passion » s’était résignée la timide Miu Queiroz. D’ailleurs aux questions sur son parcours, la jeune femme passée par le lycée Barthou à Pau, des études à Biarritz, en Ecosse et un master à Paris, répondait qu’elle suivait des études de marketing ? A quoi se destinait-elle ? « Accompagner des artistes débutants… Aujourd’hui, je teste tout sur moi ». Depuis le « déclic » de la fête de la musique 2015 à Pau, où elle participe à l’appel à talents de la ville, elle a fait basculer ses priorités.

Ce jour là, elle chante places Clémenceau et Royale, une scène immense sur laquelle elle monte après une intro à la guitare de ses musiciens… « Le public était adorable ! » se souvient avec émotion celle qui a depuis participé au tremplin Discoverse.

Enfin elle révèle cette passion de la musique pratiquée dans l’ombre depuis l’enfance. Difficile en effet d’échapper aux rythmes de samba, jazz ou soul, et aux chansons de Gilberto Gil ou Milton Nascimento dans la maison familiale. Née de parents brésiliens il y a 27 ans, Miu, joli diminutif de son prénom Muriel, grandit dans ce carrefour d’influences, et donne à l’occasion de la voix dans les chœurs derrière son papa musicien, Carlinhos Queiroz. A Pau, où la famille s’ancre lorsque Miu à 7 ans, après avoir pris Paris comme port d’attache en 1984, elle fréquente le Conservatoire, s’essaye au violon et à la guitare, compose dans son coin. De trois ans son aîné, son frère Frédéric, bassiste aux multiples projets, assume très tôt son goût pour la musique. Aujourd’hui, il accompagne sa sœur sur scène, rejoint par leur tante aux percussions et leur papa à la guitare. Admiratrice – entre autres – de Faada Freddy dont elle a suivi la progression fulgurante, Miu chante ses textes qu’elle veut sincères, habillés de mélodies qui naissent sur sa guitare. Elles mêlent jazz, pop, folk avec toujours « un clin d’œil à la musique brésilienne ». Son papa peaufine, l’accompagne pour les cinq concerts intimistes qu’elle donne en ce moment à Paris, avant le 2 juillet en Béarn pour Musica’Lagos, puis l’Eté à Pau, premiers festivals à lui faire confiance. Miu Queiroz va devoir se faire une raison : ce ne seront surement pas les derniers…

K.R.